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Aujourd’hui, je vais m’adresser aux papas. On trouve finalement assez peu de contenus qui abordent ce que peuvent vivre les hommes lorsqu’ils deviennent père.

C’est vrai que pour vous, les hommes, vous n’aimez pas spécialement vous étaler sur ce que vous ressentez. Parfois même, vous préférez taire ce qui pourrait ressembler à une émotion, parce que vous ne vous l’autorisez pas, peut-être parce qu’on ne vous a pas appris à le faire ou parce que vous vous dites que votre conjointe en a déjà assez à supporter avec le bébé, pas le peine d’en rajouter !

La vidéo que je vous partage aborde donc tout naturellement ce que vous pouvez traverser en tant que papa, même ce qui ne devrait pas se dire…

Alors je ne vous en dis pas plus et vous laisser cliquer sur la vidéo ci-dessous.

N’hésitez pas à me partager, même de façon privée, la façon dont vous avez vécu cette transition après l’arrivée de bébé (ou la façon dont votre conjoint l’a traversée, si vous êtes la mère).

Si vous connaissez de jeunes papas qui rencontrent des difficultés à se sentir investis dans leur nouvelle vie de père, pensez à leur partager cet article de blog. Merci d’avance pour eux et pour leur vie de famille

En attendant de vous lire ou de vous rencontrer bientôt, prenez soin de vous !  

Le texte de la vidéo :

Etre papa pour la première fois et mal le vivre

 

Je me sens mis à l’écart, ma femme n’en a que pour le bébé, j’ai même parfois l’impression de sentir pointer la jalousie, j’ai l’impression de ne pas savoir comment m’y prendre avec le bébé, et ce bébé finalement, je n’arrive pas à savoir si je l’aime vraiment ? Aïe, aïe, aïe, c’est même parfois la crise ! Est-ce que ça vous parle ?

Et oui messieurs, cette fois, c’est à vous que je m’adresse !

Dans la première partie de cette vidéo, nous allons évoquer la façon dont les hommes peuvent vivre le début de leur paternité pour ensuite voir ce qu’il est possible de faire pour mieux la vivre. Enfin, j’évoquerai les épisodes dépressifs chez les pères.

 

Je suis Carine Flutte, je suis psychologue et je vous propose des pistes de réflexion sur la maternité et le parentage proximal. Pensez à vous abonner à ma chaîne YouTube et à cliquer sur la cloche pour être notifiée à chaque nouvelle vidéo.

 

Et le père alors ?

On parle souvent des mères et de ce qu’elles peuvent vivre et ressentir après la naissance de bébé, on parle beaucoup moins des pères. Pourtant, eux aussi sont en pleine découverte de leur nouveau rôle.

De façon générale, on peut s’apercevoir que dès la grossesse, les hommes ne vivent pas les choses de la même façon que la femme. C’est complètement normal, la femme porte le bébé en elle et peut le sentir, l’homme vit la grossesse de façon plus extérieure et peut avoir plus de difficultés à imaginer ce qu’est un bébé, la vie avec lui. Dites-moi en commentaire si le sujet vous intéresse et je pourrai vous faire une autre vidéo à ce sujet.

Cette fois, le bébé est né, c’est parfois à ce moment-là que les hommes réalisent pleinement qu’ils sont pères, qu’ils sont responsables d’une vie. Beaucoup d’émotions peuvent émerger à ce moment-là.

Les émotions ? Parlons-en justement. Les hommes ont généralement tendance à exprimer moins facilement ce qu’ils ressentent. Ils ne vont pas s’étaler sur leurs émotions, peuvent même ne pas en tenir compte, en partie parce qu’on ne leur a pas appris à le faire. Pourtant, des émotions, ils en vivent et leur donner l’opportunité de s’exprimer permet souvent de désamorcer les tensions. Car il faut savoir qu’environ 25 % des couples se séparent dans l’année qui suit la naissance de leur enfant. Certains appellent ça le baby clash.

 

Revenons aux émotions

Bref, je reviens aux émotions. Il se peut que vous ayez imaginé ce que serait la vie avec votre bébé et que finalement, ce ne soit pas ça. Du tout même, pour certains. En fait, c’est souvent un cocktail d’émotions, mélange de joie et d’incertitudes. La confrontation avec la réalité de la vie avec un bébé peut se montrer brutale et il se peut que ce soit plutôt des émotions négatives qui pointent le bout de leur nez, que vous vous sentiez submergé.

Vous vous dites peut-être que ce bébé, vous ne l’aimez pas, que vous le trouvez moche. Vous avez peut-être l’impression de vous sentir à l’écart, de ne pas savoir comment entrer en relation avec votre bébé et puis, vous voyez que votre femme est davantage centrée sur le bébé. Peut-être qu’une pointe de jalousie se fait sentir, mais ça, c’est difficilement avouable. Peut-être même que vous ne savez pas bien pourquoi vous ressentez cette jalousie.

 

Sachez qu’il est normal de ne pas ressentir directement un élan d’amour dès l’arrivée de votre bébé. Cela ne dure pas, surtout si vous essayez de mettre en place les conseils que je vais vous donner.

 

Premièrement : parlez de ce que vous ressentez avec votre conjointe.

Je sais qu’il peut être difficile de poser des mots sur des émotions, d’autant plus si vous pensez que vous n’avez pas le droit de les ressentir. Votre conjointe doit bien sentir que quelque chose ne va pas, que vous êtes plus distant, plus irritable. Elle sera soulagée que vous puissiez aborder ces choses-là, lui dire que vous êtes vous aussi en période d’adaptation suite à la venue de bébé.

Vous pouvez également trouver d’autres pères pour parler de ce que vous vivez. La parole se libère souvent plus facilement entre hommes parce que vous vivez les mêmes choses et de la même façon.

 

Deuxièmement : n’essayez pas de ressembler à tout pris à la façon de faire de votre conjointe quand vous vous occupez de votre bébé.

Vous n’êtes pas une mère bis, vous êtes le père, vous avez votre propre individualité et devez trouver votre façon de faire. Cela n’empêche pas de discuter de la façon dont vous souhaitez élever vos enfants et de garder une ligne commune à ce niveau-là. Par exemple, pour ne pas laisser pleurer votre bébé, même si (surtout dans les premiers temps) l’allaitement est la réponse appropriée, vous pouvez très bien porter votre bébé en écharpe (ou le moyen de portage qui vous convient) une fois qu’il n’a plus besoin ou envie de téter.

 

Troisièmement : n’hésitez pas à demander de l’aide pour des choses plus concrètes.

Si vous vous sentez mal à l’aise à l’idée de changer la couche, de donner le bain,  etc., demandez qu’on vous montre et qu’on vous accompagne afin que petit à petit, vous vous sentiez plus à l’aise.

 

Quatrièmement : surtout, investissez-vous dans la relation avec votre bébé.

C’est vrai si vous voyez que votre conjointe semble réussir à mieux s’occuper de votre bébé, vous pourriez avoir tendance à la laisser tout faire, pourtant, le lien ne se créera pas ainsi. Plus vous vous occuperez de votre bébé, plus vous deviendrez expert, plus vous serez sûr de vous (et probablement fier 🙂 ) et plus vous serez attaché à votre bébé.

En fait, plus vous vous en occupez, plus une hormone qui s’appelle prolactine voit son taux monter en vous. Et la prolactine, c’est une hormone qui permet l’attachement. La mère en produit naturellement beaucoup puisqu’elle intervient dans la production du lait maternel, mais le père en produit aussi.

D’ailleurs, pour que cet attachement puisse se faire chez le père, il n’y a pas que la prolactine qui intervient. Il y a aussi une baisse de la testostérone (elle revient plus tard à la normale) à la naissance du bébé. La testostérone, c’est l’hormone de la masculinité, de la virilité, voire de l’agressivité. Donc, pour permettre au père de pouvoir tisser des liens avec leur bébé, d’être moins agressif (tout est relatif, bien sûr, vous n’allez pas agresser votre bébé au sens propre), il y a une chute du taux de testostérone.

Rajouter à ces variations hormonales l’ocytocine, aussi appelée hormone de l’amour, qui baigne tout le monde, et vous verrez que les choses se passent plus sereinement et qu’il y a également une meilleure compréhension entre les parents. Et puis, rassurez-vous, la phase du tout bébé ne dure qu’un temps, elle passe 🙂

 

Cinquièmement : laissez-vous du temps.

J’en reviens souvent à ça, mais notre société à tendance à vouloir que les choses se fassent vite. Or, c’est souvent le contraire de ce dont nous avons besoin. Nous avons besoin de temps. On ne passe pas d’une vie de couple à une vie avec un bébé sans un temps d’adaptation. Chaque personne étant différente, chacune va ressentir et vivre les choses différemment, à son rythme. Il faut le temps de s’ouvrir à cette nouvelle vie, de tâtonner, d’essayer quelque chose, de se tromper, d’en essayer d’autres, de progresser. Se remettre ainsi en question et trouver un nouvel équilibre, une nouvelle dynamique de vie ne se fait pas en quelques jours.

 

Alors oui, laissez-vous le temps d’appréhender cette nouvelle vie, soyez présent auprès de votre enfant et de votre conjointe, cela permettra aussi de retrouver un début d’intimité (là aussi, en respectant le rythme de chacun), soyez acteur de votre paternité. Car si votre conjointe doit vous laisser la possibilité de prendre votre place, il faut aussi que sachiez saisir cette opportunité.

 

Pensez aussi à vous faire accompagner par un professionnel comme moi, si vous sentez que c’est quelque chose qui vous permettra de prendre plus facilement du recul sur la situation ou si vous souhaitez faire un travail plus en profondeur. Car il est possible que ce que vous ressentiez puisse trouver ses sources dans ce que vous avez vécu quand vous étiez enfant, dans la façon dont les adultes se sont occupés de vous.

 

Baby-blues ou dépression post-natale ?

J’aimerais parler d’une dernière chose : le baby-blues ou la dépression post-natale chez le père. Il semblerait qu’il y ait moins de 20 % d’épisodes dépressifs chez le père (variable suivant les études). Si le vécu de la grossesse, de l’accouchement puis de la vie avec le bébé entre en jeu, il possible d’imaginer que ces épisodes dépressifs puissent venir d’une chute trop importante de la testostérone, car chez les hommes qui atteignent la soixantaine, il semblerait qu’il y ait un lien entre la chute de la testostérone et la dépression. Tout ceci reste une spéculation malgré tout, mais je trouve intéressant de l’envisager.

Dans tous les cas, il ne faut pas laisser traîner les choses et consulter si vous voyez que cela prend une grande ampleur.

 

Si vous souahitez davantage d’informations sur la différence entre le baby-blues et la dépression post-natale, vous pouvez cliquer ici 🙂

 

Je crois que je pourrais encore dire pas mal de choses, mais je vais m’arrêter là. Partagez-moi en commentaire si vous avez rencontré des difficultés à vous attacher à votre bébé, ou si vous avez senti que votre conjoint vivait cela.

Pensez à liker et partager cette vidéo, cela m’aide à me faire connaître tout en aidant des personnes qui viennent d’avoir un bébé et qui pourraient vivre cette situation.

 

Et si on se rencontrait ?

Séance découverte

 

Des émotions qui surgissent au cours de la grossesse, un accouchement qui ne vous correspond pas et vous laisse un goût amer, vous vous sentez démuni.e devant les pleurs de votre bébé ou devant les remarques que vous fait votre entourage.

Prenez rendez-vous pour faire le point pendant 30 minutes et voir si nous pouvons travailler ensemble.