Un nouveau témoignage de :

« Elles ont vécu leur grossesse à l’étranger

et elles en parlent ! »

 

Quand Stéphanie m’a contactée pour me dire qu’elle souhaitait témoigner, j’ai senti que c’était quelque chose qui était vraiment important pour elle. Plus qu’un témoignage, c’est une « mise en garde » qu’elle a envie de faire passer ! Car quand elle est partie en expatriation, Stéphanie était confiante, rassurée par une première grossesse qui s’était bien passée et par son médecin traitant.

Alors, qu’est-ce qui a fait que les choses ne se sont pas passées comme espérées ? Je vous laisse regarder la vidéo ci-dessous pour découvrir ce qui est arrivé à Stéphanie.

 

Si vous aussi, vous désirez témoigner et partager ce que vous avez vécu, contactez-moi en suivant ce lien.

N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une session découverte si vous pensez que je peux vous aider à prendre du recul sur une situation, si vous sentez que vous avez besoin de soutien ou si vous vous posez des questions sur votre parentalité.

Le texte du témoignage

 

Bonjour Stéphanie, merci d’être avec nous. Je suis Carine Flutte, je suis psychologue en périnatalité, et je vais te laisser te présenter.

Bonjour, je m’appelle Stéphanie Gourdin je suis mariée j’ai deux enfants, deux petites filles, la première a six ans, la deuxième a trois ans. J’ai eu ma première grossesse en France et ma deuxième grossesse là où je vis actuellement, c’est-à-dire en Bolivie, à Lapaz, à 3 400 mètres d’attitude.

Je ne connais pas du tout la Bolivie. A une telle altitude, tu dois avoir des paysages magnifiques.

C’est très, très beau à voir et bizarrement à ce qu’on peut croire, à 3 400 m d’altitude, nous n’avons pas de neige.
Ici, il faut monter beaucoup plus haut pour avoir de la neige, il faut commencer à toucher les 4 000 m, 4 200 m pour commencer à avoir de la neige.
Et il peut faire chaud, il peut faire très chaud.

C’est vrai, j’aurais pu penser qu’il y aurait plein de neige en hiver…

Pas du tout !

Ça fait combien de temps que tu es expatriée ?

Ça fait trois ans et demi que nous vivons ici à Lapaz, donc c’est pour nous, c’était notre première expatriation.

D’accord.
Donc, là, tu aurais envie de parler de quelle grossesse en fait ? Les deux ? De celle que tu as vécu en Bolivie ?

En fait, peut-être faire un comparatif entre justement ma première grossesse qui s’est passée en France et ma deuxième grossesse qui s’est passé ici en Bolivie. Ca serait, je pense, pas mal, pour éventuellement des personnes qui voudraient venir vivre ici, ou qui vivent d’autres expatriation et pour voir qu’il y a beaucoup de différences dans les pays.

Oui tout à fait. Très bien super. Donc, en fait, je vais te poser des questions, je te laisserai faire la comparaison quand tu sentiras que c’est opportun.

D’accord.

Donc je te laisse gérer ça. En fait, quand tu as appris que tu étais enceinte, qu’est-ce que tu as ressenti ? Est-ce que tu t’attendais à vivre des choses en particulier ?

Pas vraiment, j’étais très heureuse forcément parce que ça faisait longtemps qu’on voulait un enfant avec mon mari, Parce qu’en fait, il faut savoir que mes deux filles sont arrivées par fécondation in vitro.

D’accord.

Donc nous avons travaillé pour les avoir. Donc forcément, pour ma première grossesse, on était plus qu’heureux puisque que ça faisait quand même trois ans qu’on essayait et que nous n’y arrivions pas. L’avantage que j’ai eu, c’est que pour mes deux fécondations in vitro, une implantation, qui a prise tout de suite. Un essai, tout de suite fonctionné !

Donc, déjà, là, grosse surprise. Parce qu’on nous dit, il n’y a que 10 % de réussite, donc forcément, quand une implantation et qu’au bout de 15 jours, on vous fait une prise de sang et qu’on vous dit : « Ah, Madame vous êtes enceinte ! »

« Attendez je vais vous répéter, je suis Madame Gourdin, numéro de dossier… »
« Oui, oui, vous êtes la seule à avoir fait la prise de sang pour une grossesse. Donc, on ne peut pas se tromper de dossier. »
« Ah bon. Ah, ben c’est super ! »
Donc, voilà. Donc forcément de la joie, c’était des enfants plus que voulu.

Et la fécondation in vitro pour la seconde, s’est faite en France aussi ?

Oui, oui, oui. Parce que, ce qui s’est passé, du fait qu’on savait qu’on partait à l’étranger, moi, j’avais encore des embryons qui étaient congelés. Je savais que dans l’expatriation que nous allions faire, je n’allais pas pouvoir travailler. Parce qu’ici, étant donné que c’est mon mari qui vient pour son travail, le conjoint, ils viennent seulement d’ouvrir l’autorisation de travailler au conjoint. Mais moi, à l’époque, quand je suis arrivée, il n’y avait pas. Donc, avec mon mari, on s’est dit, pourquoi pas profiter de cette expatriation pour avoir le deuxième enfant ? Comme ça moi, j’ai le temps de m’en occuper, je, voilà. Donc j’ai fait faire mon implantation de l’embryon juste avant qu’on parte. J’ai su que j’étais enceinte et que ça avait fonctionné deux semaines avant de partir.
Quand j’ai su que j’étais enceinte pour la deuxième, là, je me suis dit : «attend, on part quand même à 3400 m d’altitude, je vais prendre rendez-vous chez le médecin pour savoir. » Et le médecin m’a dit : «écoutez, vous avez déjà eu une première grossesse, qui elle, s’est très bien passée, à 3400 m d’altitude, hormis de la fatigue supplémentaire, il n’y a pas de risque.»
Et en fait, c’est là que je suis un petit peu, pas en colère vis-à-vis des médecins parce que c’est plus parce qu’ils ne savent pas, mais ce n’est pas vrai, ce n’est pas parce qu’on monte à 3400 m d’altitude, que c’est juste de la fatigue supplémentaire, il y a beaucoup de complications derrière.
Voilà, il y a beaucoup, beaucoup de complications derrière. Autant ma grossesse en France, s’est très, très bien passée. J’ai été au terme, voire j’ai même dépassé le terme pour l’accouchement. Ici, déjà l’acclimatation s’est très mal passée du fait que j’étais enceinte. J’ai été malade pendant toute ma grossesse, Mais quand je dis malade, c’était malade, malade. C’est simple, j’ai pris 2 kg en sept mois et demi. Parce que je ne pouvais rien manger, je ne pouvais rien boire, enfin, c’était vraiment… voilà. Et j’ai dû accoucher, d’urgence, à sept mois et demi, parce que j’ai fait une pré-éclampsie.
Donc j’ai accouché d’une petite crevette de 43 cm pour 1,660 kg. Ici, la prise en charge n’est pas… c’est pas un pays évolué comme la France, niveau médical. Donc la prise en charge a été très difficile, Enfin ça été… on peut pas dire que j’ai eu un accouchement de rêve et une grossesse de rêve ici.

Oui, effectivement, ça faisait beaucoup de choses en gérer en plus de l’expatriation, beaucoup d’émotion quand on accouche d’urgence en fait. Du coup, c’était une césarienne ?

Ça a été par césarienne, forcément. En fait, ce qui s’est passé avec la pré-éclampsie, moi je montais en tension, et plus je montais en tension et plus le cœur du bébé s’arrêtait, en fait diminuait. Puisque forcément, je la compressais donc son cœur diminuai. C’est là où j’ai eu la chance de tomber sur gynécologue qui elle, a très bien réagi, qui m’envoyée tout de suite à la clinique et qui m’a dit : « On va te donner déjà des cachets, on va commencer par des cachets pour essayer de faire diminuer la tension. » Donc je suis arrivée à 11 heures du matin à la clinique. De 11 heures à 14 heures, j’avais un cachet toutes les demi-heures. Et en fait, quand elle est arrivée à 14 heures et qu’elle m’a pris ma tension, ma tension n’avait pas du tout diminué. Et plus les heures passaient en fait et plus ma tension augmentait. Donc, de ce fait-là, elle a dit à mon mari : « Bon, ben, on la descend tout de suite au bloc opératoire si, c’est un accouchement maintenant, parce que c’est ça ou alors c’est votre femme et le bébé qui y restent.» Donc voilà.

Beaucoup de stress…

Beaucoup de stress pour l’accouchement, voilà. C’est vraiment pas un accouchement, on attend vraiment pas ça d’un accouchement.

Ah, ben, non, j’imagine.

C’est certain.

Mais bon, ça s’est passé et ça fait trois ans et on va bien.

Oui, depuis ça va.

Voilà, depuis, on a bien remonté la pente.

Oui, beaucoup de stress, et puis ça dû faire un choc aussi d’apprendre qu’il y avait une pré-éclampsie, qu’il fallait passer quasiment tout de suite au bloc en fait.

Tout à fait.
Et puis en fait, moi, je suis arrivé ici en Bolivie, je ne parlais pas la langue.

Oui, ben oui.

Et du coup, j’ai accouché six mois après donc, je ne la maîtrisais toujours pas très bien. Et après, du fait que la petite soit née prématurée, ça a été aussi très dur de la laisser.

Ben, j’imagine

Dans une clinique où on ne savait pas trop comment ça fonctionnait. Donc, il a quand même fallu la laisser deux semaines, pour qu’elle prenne du poids, pour pouvoir la sortir. On ne savait pas trop comment ça fonctionnait ici. On ne savait pas est-ce que les infirmières étaient vraiment compétentes, est-ce que… voilà

Oui, et puis quand le dialogue est difficile parce qu’en ne maîtrisant pas complètement la langue, c’est encore plus difficile peut-être de faire confiance.

Voilà, parce que moi en fait, mon seul intermédiaire était mon mari. Parce que lui parlait couramment la langue, mais du coup, j’étais toujours obligée d’attendre sur lui pour et ben il faut qu’on aille voir la petite, il faut qu’on aille voir les infirmières, il faut que… voilà. Parce que moi, je ne comprenais pas tout.

C’était pas évident.

Non, c’est sûr, c’est certain. En fait, ils t’ont fait sortir de l’hôpital et ils ont gardé ta fille ?

Voilà. Moi, en fait, j’ai accouché le samedi et je suis sortie le mardi de l’hôpital. Et ma fille est restée jusqu’au… j’ai accouché un samedi elle est restée un samedi et on l’a récupérée le samedi encore d’après. Donc elle, elle est vraiment restée deux semaines.

Ça devait être difficile de la laisser, de ne pas pouvoir être à côté… et de ne pas pouvoir la voir quand tu voulais.

Voilà. Puis surtout, qu’il a fallu attendre une semaine pour que je puisse la prendre dans les bras, que j’ai le premier contact physique avec elle, on va dire.

C’est super long !

C’est très, très long ! C’est très, très long et puis surtout qu’en plus, ils veulent absolument qu’on allaite les enfants, enfin qu’ils aient le lait maternel, mais le problème, c’est qu’ils nous fournissent pas le matériel pour. Donc, il a fallu que moi, en fait j’attende d’être rentrée à la maison, pour commencer à tirer mon lait, donc à faire la montée de lait et donc ça a été très douloureux. La petite a eu beaucoup de mal à s’y mettre, enfin ça été le… voilà.

La prématurité n’aide pas non plus à ce que la succion soit efficace.

Tout à fait, tout à fait. La première semaine, en fait, elle était nourrie par sonde donc j’ai essayé de donner mon lait, ce que je pouvais et donc ils lui mettaient un petit peu dans la sonde et puis voilà. Et après, la mise au sein a été encore une autre affaire.

Oui, j’imagine tout à fait.

Et ben, c’est, rude !

Rude !

Et en fait, c’est aussi pour ça que je voulais faire cette interview, c’est parce que justement, ayant connu ses difficultés-là, je voudrais surtout mettre en garde les femmes qui voudraient faire comme moi, partir vivre dans des pays qui sont pas forcément évolués côté médical. Ben, c’est pas du tout la même chose. Ça en devient très, très dangereux. Ça en devient très, très dangereux.  Moi, je regrette d’avoir pris le risque,e je le dis franchement, parce que si j’avais su le quart de ce que je pouvais risquer, je serais restée en France et j’aurais fait ma grossesse tranquillement.

Oui, je comprends. C’est difficile de se préparer à ce genre de situation parce que ce n’est pas quelque chose qu’on attend non plus. On ne se dit pas que quand on est enceinte ça va mal se passer.

Et puis surtout, d’ailleurs, j’ai eu une première grossesse, on va dire de rêve ! Parce que ma première grossesse, à huit mois et demi, je faisais des marches de 10 km sans problème. Le jour du terme, j’étais encore chez ma boulangère en train de d’acheter ma baguette de pain. Donc, forcément, quand on a déjà eu une première grossesse comme ça, on ne s’attend pas du tout, on a beau nous dire oui, mais chaque grossesse est différente, oui chaque grossesse est différente ! Mais on ne s’attend pas à ça. On ne s’attend pas à ça…

Et en même temps, si on s’y attendait, on ne ferait peut-être pas d’enfants non plus.

Aussi !

Peut-être pas à ce point, mais en tout cas, mais en tout cas, on n’irait pas l’esprit tranquille.

Parce que moi quand je suis parti, étant donné que c’était ma première expatriation, ma grossesse en France, tous les mois, le gynéco nous redonne le rendez-vous pour le mois suivant, on est suivi, on est voilà… bon ben voilà, tel mois vous allez dans la clinique, vous allez visiter, oh oui c’est superbe ! On s’attend un petit peu à ce que ce soit partout pareil. Et en fait, pas du tout ! Ici, il n’y a pas de prise en charge ! Ici, c’est vous arrivez, vous êtes enceinte, oh oui, c’est bien, bon ben on va regarder, on va prendre votre tension, on va écouter le cœur du bébé, bon bah oui ça va. Il va bien. Et puis dans le mois suivant, merde, j’ai oublié d’aller chez le gynéco, il faut que je prenne le rendez-vous, en fait, tout vient de nous. Il n’y a aucun suivi par le corps médical en fait.

Et, est-ce que ça t’aurait été de savoir que les suivis se faisaient comme ça ?

Oui, ça m’aurait beaucoup aidé, parce que comme ça, ben justement, moi, je me serais noté : « prendre les rendez-vous, voir les cliniques.» J’aurais pu effectuer les démarches, et pas être sur le fait accompli : « ah merde, ça se passe comme ça ! » et puis déjà, du fait de l’altitude, l’acclimatation qui a été très difficile, pour un jour où j’allais bien, donc un jour où j’arrivais à sortir de la maison, où je pouvais aller me promener, j’étais quatre jours alitée. Donc, si en plus, il fallait que je pense à prendre un rendez-vous, il fallait… c’était très compliqué, c’était très, très compliqué. Donc, si j’avais su que ça se passait comme ça, j’aurais pu commencer justement appréhender, et mon mari aurait pu prendre un petit peu plus le relais en disant : « ben attends, je vais prendre tes rendez-vous. »

En fait, là, tu découvrais au fur et à mesure comment ça fonctionnait.

Voilà ! Tout à fait.

C’était compliqué d’anticiper les choses, de s’organiser. Et peut être d’être sereine aussi ?

Et d’être sereine surtout.

Donc, du coup, au cours de la grossesse, au niveau émotionnel, c’était comment ?

Très compliqué ! Très, très compliqué. J’ai une certaine indépendance. J’ai horreur de dépendre de quelqu’un donc, là, devoir dépendre de mon mari pour les trajets tout ça, parce que moi, il m’était impossible de conduire. Parce que les jours où j’allais pas très bien, je tombais dans les pommes, je ne pouvais pas tenir debout, enfin, c’était vraiment très, très compliqué. Donc, j’étais vraiment à 100 % dépendante de mon mari. Du coup, émotionnellement, ça m’énervait quoi ! Donc, déjà, je faisais de l’hypertension, donc c’était encore pire.

J’allais te demander si tu avais besoin de quelque chose, mais j’ai un petit peu anticipé tout à l’heure en te disant : « Est-ce que si tu l’avais su avant, ça t’aurait aidé ?». C’était peut-être ça ce dont tu avais besoin ?

Ca, c’est ça dont j’aurais eu besoin. J’aurais eu besoin d’être au courant que voilà… ça se passait comme ça, pour pouvoir justement anticiper ma grossesse.

Il y a certaines personnes qui m’ont dit qu’elles auraient bien aimé avoir un peu plus en soutien de la famille, est-ce que ça t’a manqué ça ou pas vraiment ?

Non, pas vraiment, parce qu’en fait, même quand j’étais enceinte en France, on habitait déjà loin de notre famille. Donc la personne la plus proche habitait à 600 km de chez nous. Notre membre de famille le plus proche habitait à 600 km donc déjà non, bon, on se voyait régulièrement par la caméra. Donc, non, non, donc ça, le soutien familial n’a pas été, n’a pas été ce qui me manque le plus. Ça a été !

Parce que c’est vrai que parfois, en expatriation c’est compliqué, quand on est dans une situation compliquée comme ce que tu as vécu et puis d’être loin de la famille, qui peut nous apporter un soutien et du coup, on n’a personne, à part le conjoint.

Oui, mais non, non, ça a été. De ce côté-là, ça a été.

Est-ce que tu aurais envie de rajouter quelque chose ?

Non, je pense, je voudrais surtout revenir sur le fait que, voilà, les gens quand ils vont en expatriation, surtout qu’ils pensent à se renseigner sur le côté médical. De comment ça se passe et un petit peu les techniques. Parce qu’ici en Amérique du Sud, ça aussi ça m’avait mis un petit coup au moral, c’est, quand bien même j’aurais pu aller jusqu’à la fin de ma grossesse, ici dans 90 % des cas, c’est des césariennes qu’ils font. Parce qu’ils appellent ça les césariennes de confort. Alors je ne sais pas pour qui c’est confortable, parce que franchement, moi qui ai vécu un premier accouchement de façon naturelle et le deuxième accouchement par césarienne, j’ai jamais vu où était le confort de la césarienne. Je le dis tout de suite, parce que c’est horrible, c’est horrible !!

Pardon, je rigole.

Donc, bon, ils appellent ça césarienne de confort, je pense que c’est plus pour le médecin comme ça, il peut prévoir ses rendez-vous à l’avance. Il y a eu ça aussi, que j’aurais bien aimé savoir parce que comme ça, je me serais aussi mise à la recherche tout de suite, savoir s’il y avait pas un gynécologue qui lui, accouchait par façon naturelle. Bon, là, de toute façon, j’ai dû avoir la césarienne puisque que c’était une urgence. Surtout, surtout bien se renseigner sur le corps médical. Sur la santé, sur le suivi, parce que c’est vraiment pas, c’est vraiment pas évident. Parce que quand on est enceinte, on a d’autres choses à penser, si en plus, il faut… voila. Parce que, déjà, le fait d’être enceinte, émotionnellement, on a plein d’émotions, Et après il y a plein de choses qui se passe, donc si en plus, il faut tomber, comme moi, des nues et puis dire : «oh mince, ça ne se passe pas du tout comme c’était… il faut que je réfléchisse à ça.» Ça met beaucoup de stress. Alors que si j’avais été au courant, ce stress-là aurait été en moins, on va dire.

Oui, on peut s’y préparer, même quand ce sont des situations compliquées, quand on sait les choses, on peut s’y préparer psychologiquement. C’est peut-être pas ce qu’on voudrait, mais en tout cas, on peut s’y préparer un petit peu. On peut jamais se préparer à tout ce qui va se passer, mais il y a quand même des choses qui peuvent être un petit peu plus claires dans notre tête est du coup, c’est plus facile.

Voilà, voilà, tout à fait. C’est beaucoup plus facile si on est déjà un petit peu au courant de comment ça se passe. Et si jamais il y en a qui veulent venir vivre à 3 400 m d’altitude, surtout ne faites pas comme moi, n’arrivez pas enceinte ! Surtout, n’arrivez pas enceinte ! Acclimatez-vous d’abord, vous, et après faites l’enfant. Parce que le problème, c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’études qui sont faites entre le rapport grossesse/altitude, mais il faut savoir que le risque de pré-éclampsie ici, et beaucoup plus important en altitude qu’en altitude normale, comme en France, ou altitude très basse.

D’autant plus si la personne n’est pas habituée j’imagine. Parce que si c’est quelqu’un qui a passé toute sa vie à cette altitude, j’imagine que le corps, il est habitué et que du coup…

Alors, pour l’avoir vécu, il faut savoir aussi que, malgré… les natifs d’ici donc les Boliviens en eux-mêmes, les pazéniens en eux-mêmes, il y a déjà au moins 40% en pré-éclampsie pour eux.

Ah oui, c’est quand même énorme !

C’est quand même énorme ! Donc, imaginez-vous quelqu’un qui n’est pas du tout natif d’ici. Il doit faire ses globules rouges pour se faire à l’altitude, mais en plus de se les faire à lui, Il faut aussi qu’il pense au bébé, donc le corps est épuisé.

Merci beaucoup Stéphanie.

Ben de rien !

Merci d’avoir partagé tout ça avec nous, parce que c’est important aussi de connaître, quand ça se passe bien, mais aussi quand ça ne se passe pas bien.

Je ne veux surtout pas écœurer les femmes de faire des enfants, il faut en faire, parce que c’est très beau !

Non, mais là n’était pas le but, mais juste de prévenir que justement, il faut aussi préparer aussi dans une moindre mesure.

En fait, nous ici la Bolivie, on l’appelle l’Afrique de l’Amérique du Sud.

D’accord.

Donc c’est pour ça, parce que côté évolution, si vous voulez, nous quand on est arrivé ici, on s’est dit : «on est retourné dans les années 90 !» On a fait un bond en arrière. Aussi bien coté évolution des technologies, Internet, la télé. Donc, tout ça, il faut s’y préparer.

Ecoute merci beaucoup, merci pour ton témoignage, et puis à bientôt alors !

À bientôt !

Aurevoir.

Au revoir.

Vous désirez témoigner ?

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