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Aujourd’hui, je vous partage le témoignage d’Anne-Sophie, expatriée en Ecosse, au Royaume Uni.

3 pays différents au cours de sa grossesse,  un suivi de grossesse qui déroute parfois, découvrez ce qu’elle a vécu dans la vidéo qui suit.

 

La parole est à Anne-Sophie !

 

Bonjour, je suis Carine Flutte, je suis psychologue. Aujourd’hui, je suis avec Anne-Sophie, bonjour Anne-Sophie.

Bonjour Carine.

Je vais te laisser te présenter.

Je m’appelle Anne-Sophie, je suis maman d’une petite fille de 11 mois, bientôt 12, bientôt un an, et on habite à Aberdeen, du fait de mon conjoint qui travaille ici.

J’ai oublié de te remercier d’être là, parce que vraiment, c’est très sympa d’être venue.

De rien.

Ca fait combien de temps que tu vis à Aberdeen ?

Aberdeen, ça fait maintenant 13 mois, un peu plus d’un an, mais avant j’étais en Italie, j’ai passé 4 mois, 5 mois en Italie. Donc ça fait maintenant 1 an et demi que je suis expat.

D’accord. Donc, avant l’Italie, tu étais en France.

Avant j’étais en France, je travaillais,je menais ma vie, ma vie normale.

Tu faisais quoi comme travail ?

Je travaillais dans les ressources humaines.

Donc tu as vécu ta grossesse, j’imagine une partie en Italie, une partie à Aberdeen.

Alors, une partie en France.

Une partie en France aussi, oui effectivement.

Au début en France, ensuite Italie et pour terminer, Ecosse.

3 pays différents !

3 pays différents pour une grossesse. Elle aimera les voyages.

Ca n’a pas été difficile comme ça de changer d’environnement, la France que tu connaissais, l’Italie qui est un pays nouveau pour toi j’imagine et l’Ecosse qui est encore un autre pays ?

Le plus difficile ça a plus été pour le suivi, finalement, parce que quand vous faites votre grossesse dans un endroit, vous avez votre gynécologue, ne serait-ce que le laboratoire d’analyses auquel vous allez. Que moi, en fait, tous les 3 mois, il a fallu que je change, 3-4 mois. Ca a plus été pour ça, mais en Italie, on habitait au fin fond de l’Italie, on a rencontré un gynéco, qui parlait donc français, qui était à Naples, on faisait 2 h de route. Il était au top ! Au top. Donc c’est vrai que, en Italie, il nous a beaucoup aidé à ce que la grossesse se passe bien. Finalement, ça a été là-bas les tests les plus compliqués pour la trisomie, tout ça donc, on est bien tombé en Italie. Et après, l’Ecosse, il a fallu retrouver quelqu’un et là, c’est un peu plus particulier. L’Ecosse…

Oui, le fonctionnement est différent en Ecosse, en Italie, en France.

Mais j’aime bien.

Anne-Sophie, quand tu as appris que tu étais enceinte, qu’est-ce que tu as ressenti ?

Dans un premier temps, j’étais très surprise parce que mon conjoint étant en Italie à ce moment-là, Charlotte est arrivée en un coup gagnant, donc euh… très surprise, surtout… surprise, parce qu’on ne pensait pas que ça arriverait aussi vite et ensuite, ensuite, ça a été compliqué, l’Italie se terminait, ça a été une surprise que l’Italie se termine donc euh, on va dire que nos changements professionnels ont pris le dessus sur les émotions de la grossesse finalement.

Il fallait gérer…

Moi, j’essayais de récupérer mon travail parce qu’en fait, il devait repartir en rotation, donc du coup, j’avais essayé de retrouver mon travail, mais finalement, il ne partait plus en rotation. Enfin, ça a été très compliqué au niveau professionnel donc j’avoue que niveau émotionnel, pour l’annonce de la grossesse, mis à part la première réaction qui a été la surprise, après… voilà, les soucis professionnels ont empiété un petit peu sur les premiers moments.

Oui. Ca a été difficile de profiter de… enfin, si j’ai bien compris, c’était difficile de profiter de ces premiers de grossesse et de pouvoir pleinement les apprécier.

Voilà, les trois premiers mois, on s’occupait plus de notre avenir professionnel et surtout d’où est-ce qu’on allait vivre plutôt que le ressenti des 3 premiers mois. Après, au niveau des trois premiers mois, moi, je ne voulais l’annoncer à personne, c’est resté un secret en fait.

Est-ce que c’était prévu de rejoindre ton conjoint en Italie ou est-ce que ça s’est fait parce que tu étais enceinte ? Parce que comme tu m’as dit que c’était la fin de sa mission là-bas, que finalement, c’était une surprise. Est-ce que c’était quelque chose qui était prévu que tu le rejoignes là-bas ou est-ce que ça s’est fait au dernier moment ?

Alors, en fait, c’était prévu pour faire un bébé !

D’accord.

On avait envie d’un enfant et comme on se voyait finalement très peu, juste pendant les vacances, il faut que ça tombe à la bonne période, j’avais prévu de le rejoindre pendant 6 mois ou un an, pour concevoir un enfant. Et finalement, Charlotte est arrivée pendant des vacances donc euh, donc oui, c’était prévu, mais c’était pas dans ce but-là.

Disons que ce n’était pas le timing que vous aviez imaginé.

Voilà, exactement ! Donc c’est très bien hein, comme ça, au moins, elle est arrivée au moment où on s’y attendait le moins, mais voilà, c’était prévu. Je ne suis pas partie parce que j’étais enceinte.

D’accord. Donc, en fait, la mission en Italie s’est terminée, vous aviez l’occasion d’aller à Aberdeen, est-ce que c’est toi qui a dû gérer le déménagement ou est-ce que tu as pu avoir de l’aide pour ce déménagement ?

Euh, non, c’est nous deux en fait. Flo a fait plus les démarches administratives, et moi, j’étais là au moment des déménageurs. Parce que de toute façon nous, la boite paye une société qui emballe tout, donc finalement, un déménagement ici, c’est pas compliqué. Et ensuite, moi, je suis rentrée plus tôt en France, parce qu’il faisait trop chaud, c’était juste pas possible. Donc je suis rentrée un mois plus tôt en France, et ensuite Flo est arrivé, donc Flo mon conjoint, est arrivé le lundi à Aberdeen et moi, je suis arrivée le samedi matin, et on a trouvé la maison tous les deux, et j’étais là pour réceptionner les cartons. Mais au niveau administratif, c’est beaucoup lui qui a géré finalement. En même temps, c’est par le biais de sa boite donc…

Oui, tout à fait.

Je ne peux pas faire grand chose.

Euh, oui, quand même, il y a de la logistique au niveau…

Voilà, un peu de logistique, mais rien d’exceptionnel.

Et en Italie, ça s’est passé comment ? Comment tu as vécu cette grossesse au niveau émotionnel en étant loin de tes parents, loin de ta famille, loin de tes amis ? Ca s’est passé comment ?

Bien.

En Italie et puis après ici.

Bien, parce que je suis quelqu’un d’assez indépendante et puis maintenant avec les moyens de communication avec Skype et tout ça, ça se passe bien. Non personnellement, je n’ai pas ressenti le besoin d’avoir mes proches. Enfin, le proche qui compte le plus, c’est le papa, et on a eu la chance, c’est qu’il a pu… j’ai un conjoint qui très investi et on a pu vivre cette grossesse, ben tous les deux en fait. Faire toutes les écho ensemble, attendre les résultats ensemble. Donc le fait d’être loin de ma famille ou de mes amis, ne m’a pas handicapée plus que ça pour la grossesse. Personnellement. Après, je pense que ça dépend des caractères.

Oui, tout à fait. pour vous, ce qui était le plus important, c’était d’être tous les deux et vous avez pu vivre cette grossesse tous les deux, en étant tous les deux l’un avec l’autre et c’était le plus important.

Voilà, pour moi, c’était le plus important, de découvrir le sexe de l’enfant ensemble, d’attendre les résultats un peu stressant ensemble. Et puis comme je dis, en Italie, on est tombé vraiment sur un médecin, mais génial quoi. On lui a envoyé une photo à la naissance de Charlotte. C’était vraiment un coup de cœur médical.

C’est super, je trouve, que ça puisse se passer comme ça, parce que c’est pas toujours le cas. Comme tu disais, à Aberdeen, ça a été un petit peu plus compliqué de trouver du personnel médical qui te convenait, peut-être.

Ben en Ecosse, j’ai l’impression que pour eux, la grossesse, c’est totalement, ce qui est normal, c’est totalement naturel, donc du coup pour eux, c’est plus ou moins comme si vous aviez un rhume en fait. Donc c’est vrai que pour une première grossesse et ne parlant pas anglais et eux ne parlant pas français, en Ecosse, c’était un peu plus compliqué. Sachant qu’en plus, il y a une semaine de différence par rapport à la France. Ils ne font pas forcément la péridurale automatiquement, c’est pas un acte qu’ils préconisent et nous en plus, il a fallu… ils m’avait parlé de déclenchement, chose que je ne voulais absolument pas. Enfin, ça a été beaucoup plus… oui euh… disons que mes derniers mois de grossesse ont été plus compliqués au point de vu émotionnel et médical mais dû à l’Ecosse. Pas dû au manque de mes proches…

Non, mais dû au fonctionnement… nouveau finalement, parce que visiblement, l’Italie, ça semblait fonctionner un petit peu comme la France avec le gynéco que tu as rencontré.

Oui, les tests de toxo, tout ça.

Alors qu’ici, c’était un fonctionnement différent et du coup

C’est perturbant.

Il faut un temps pour s’adapter, pour comprendre ce nouveau fonctionnement.

C’est ça. Plus perturbant et moins agréable en fait.

Tu as trouvé que c’était moins agréable que ce que tu avais pu vivre avant.

Voilà, exactement.

Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a manqué, quelque chose dont tu aurais eu besoin ?

Honnêtement non. Parce que, comme j’ai dit, avec Skype et tout ça, maintenant, on peut communiquer facilement. Au point de vu médical, on est quand même resté en Europe donc c’est pas comme si on se retrouve, je pense, dans des pays d’Afrique où c’est peut-être plus stressant, mais on est en Europe, on a les mêmes normes donc euh… comme ça non, rien ne m’a manqué.

Tant mieux ! C’est très bien quand ça se passe comme ça aussi parce que c’est important de pouvoir vivre une grossesse en étant relativement sereine, même si parfois, c’est un peu compliqué de s’adapter aux nouvelles situations, c’est quand même mieux que…

Après, moi, j’ai eu une grossesse, j’ai pas vomi une seule fois, j’ai jamais été malade, je n’ai jamais eu la nausée, j’ai eu quelques brûlures d’estomac donc c’est vrai que j’ai eu une grossesse paradisiaque, on va dire. Si j’avais eu des difficultés, peut-être que des choses m’auraient manquées, mais là en l’occurrence, je n’avais pas de besoin, donc pas de manque.

Super ! Est-ce que tu as quelque chose à rajouter ?

Non.

Anne-Sophie, je te remercie vraiment pour avoir partagé tout ça avec moi et avec nous et puis je te dis à bientôt !

A bientôt !