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Un nouveau témoignage de :

« Elles ont vécu leur grossesse à l’étranger

et elles en parlent ! »

 

Aline est actuellement expatriée au Canada, mais c’est en Nouvelle-Zélande qu’elle a vécu ses deux grossesses. Au cours de sa première grossesse, elle a dû être hospitalisée pendant quelques semaines avant de subir une césarienne d’urgence.

J’ai ressenti beaucoup d’émotions pour ma part en écoutant ce témoignage et en découvrant la force morale qu’Aline a dû déployer pour affronter tout ce qu’elle a vécu et devant sa façon de rester positive à toute épreuve.

Découvrez, vous aussi, son parcours en regardant la vidéo ci-dessous.

 

Si vous aussi, vous désirez témoigner, contactez-moi en suivant ce lien.

N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une session découverte si vous pensez que je peux vous aider à prendre du recul sur une situation, si vous sentez que vous avez besoin de soutien ou si vous vous posez des questions sur votre parentalité.

Envie de suivre les aventures d’Aline ? Allez sur sa page Facebook Fantastic Kiwi.

Le texte du témoignage

 

Bonjour, je suis Carine Flutte, je suis psychologue, aujourd’hui, je suis avec Aline. Bonjour Aline,

Bonjour Carine,

Merci d’avoir accepté de témoigner, je vais vous laisser vous présenter.

Je m’appelle Aline, j’ai 41 ans, j’ai grandi en Vendée en France, j’ai quitté la France en 2002. J’ai suivi mon ami qui est devenu mon mari par la suite, tout d’abord en Angleterre puis en Nouvelle-Zélande puisque c’est de là qu’il vient. Les trois dernières années nous étions en Australie et là depuis juillet nous sommes au Canada.

D’accord, donc beaucoup d’expatriations.

Enfin d’immigrations. A chaque fois on part en contrat local.

Où est-ce que vous avez vécu vos grossesses ?

Mes deux grossesses, je les ai vécues en Nouvelle-Zélande, à Auckland.

Quand vous avez appris que vous étiez enceinte, qu’est-ce que vous avez ressenti, est-ce que vous vous attendiez à vivre quelque chose en particulier ?

Pour ma première grossesse, j’étais ravie, on attendait ça depuis longtemps, donc on était vraiment content, ça se passait bien, je me sentais très bien, belle, tout se passait super bien. Par moment, même, je disais à des amis que je voudrais que ça n’arrête jamais, je me sentais très belle en étant enceinte, j’avais plein d’énergie, c’était formidable. Jusqu’à qu’il y ait des soucis de santé qui arrive et je me retrouve à l’hôpital et là, c’était moins drôle.

J’imagine oui…

C’est surtout à ce moment-là que… quand tout se passe bien, ça allait, quand on se retrouve à l’hôpital, seule, c’est là, c’est là où on aimerait avoir un peu de plus de famille présente, des repères, même si je ne connaissais pas, même si je n’ai jamais été enceinte en France, donc je n’avais pas de point de repère, mais juste me retrouver avec des médecins, qui même si je parlais anglais très bien d’un seul coup, j’avais envie de me retrouver avec des médecins qui parlaient français pour être sûre qu’ils me comprenaient tout d’abord, et que je comprenais ce qui se passe et juste avoir la familiarité de me dire, je suis chez moi, je sais ce qui va se passer.

C’était à combien de mois de grossesse que vous…

Le bébé s’était arrêté de grandir à 28 semaines et j’étais hospitalisée à partir de la trentième semaine jusqu’à trente-trois semaines donc un peu plus de trois semaines. Hospitalisée et il est né par césarienne d’urgence à trente-trois semaines, un petit peu plus.

Et après, c’était le service néo-natal pendant 4 semaines, et là aussi, la découverte, ça aurait été la même chose en France, on ne connaissait rien, mais d’un seul coup, seule surtout parce que mon mari voyageait beaucoup. Il y a des journées et même des semaines où j’étais seule. J’avais juste quelques amis qui passaient me voir, mais comme c’était pas la famille, ils n’étaient pas autorisés à me rendre visite ou rendre visite au bébé. Donc, oui, là, c’était vraiment seule. J’avais ma famille au téléphone, à l’époque, il n’y avait pas de wifi dans les hôpitaux, c’était juste des coups de fil ou des textos donc moi, je rassurais ma famille au téléphone alors qu’en général, on dit que la famille est là pour nous soutenir. Là, c’était moi qui rassurais tout le monde au téléphone, qui donnait toutes les nouvelles.

Alors que c’est vous qui auriez eu besoin de soutien.

Oui moi, j’aurais eu besoin de ça, mais si je craquais, tout le monde craquait, ils étaient si loin, ils ne pouvaient rien faire, et donc oui, rester fort pour tout le monde

Sur le moment, on le fait, on est dedans on ne réfléchit pas, mais après, c’est le gros coup de stress, les nerfs qui sont tombés quand le bébé est rentré à la maison, quand on a pu dire, non, c’est bon, tout va bien aller. C’est le coup d’avoir supporté tout ça, c’était difficile.

Oui, je peux imaginer. Donc oui, tenir jusqu’à la sortie de l’hôpital et après du coup, c’est…

Oui, c’était vivre au jour le jour, on ne pouvait pas se projeter. C’était vivre au jour le jour et voir ce qui va se passer.

Ca a dû être extrêmement difficile à vivre.

C’était, je pense, la période la plus stressante de ma vie. Je crois que j’aurais jamais eu autre chose de plus stressant dans ma vie.

Je sens…

Mais tout s’est bien passé. Et ma deuxième grossesse, c’est arrivé par hasard, je ne pensais pas… Moi je n’étais pas prête à avoir une deuxième enfant tout de suite, mais ça s’est passé comme ça. Du coup, j’étais très très suivie par les médecins, donc c’était pas du tout une grossesse sereine parce que même si tout allait bien, à chaque fois qu’on allait à un rendez-vous, on se disait : non, ils vont trouver quelque chose, il y a quelque chose qui va se passer, mais jusqu’à ce qu’elle soit née en fait, c’était… Et puis j’ai été très malade à cette grossesse-là aussi. J’étais épuisée, et puis il y avait le petit qui était là, qui avait juste 2 ans, donc c’était la deuxième grossesse, c’était pas un bon moment. Mais tout s’est bien passé pour celle-ci, donc ça, c’était bien.

Oui, c’est au moins ça, parce que vue la fin de la première grossesse…

Oui, on s’était dit : s’il arrive la même chose avec cette grossesse-là, qu’est-ce qu’on va faire du petit ? Parce qu’on a personne pour le garder, ou alors on passera beaucoup moins de temps avec le bébé qui restera à l’hôpital. Mais bon, rien de tout ça ne s’est passé.

Ouf. Ca a dû être… Enfin, quand on part comme ça avec une grossesse qui est sereine au début, puis qui se complique vraiment sur les dernières semaines, tellement de stress après la naissance du bébé, de pas savoir si tout va bien se passer, pendant quatre semaines, ne pas savoir et attendre de rentrer à la maison, c’est super dur.

Oui, au jour le jour, en fait, il était au jour le jour. On se disait aujourd’hui, est-ce que ça va être une bonne journée ? Encore, quand il est né, il était juste petit, il n’était pas malade, on n’avait pas le risque de se dire est-ce qu’on va le revoir demain, quand on revient. Déjà, il n’y avait pas ça, mais oui, c’était ça, il fallait qu’il grossisse et oui, toujours, on espérait, et en même temps, on ne voulait pas espérer, on ne voulait pas être déçue, c’était vraiment une période dans une bulle. C’était au jour le jour et on ne pouvait pas se projeter, rien. Oui, juste pour ne pas être déçu.

Du coup, enchaîner, enfin, enchaîner, pas « enchaîner », mais avoir une seconde grossesse, c’est forcément beaucoup de stress, déjà de part les rendez-vous médicaux, enfin, il y a un suivi médical plus important et puis il y a tout le vécu de cette première grossesse qui vient là et ce doit être…

Ben oui, on revivait un peu ce qui s’était passé, je me surprenais à compter les semaines, je me disais : ah oui, avec le premier à temps de jours, il s’est passé ci, et à chaque fois qu’on allait à un rendez-vous, c’était une échographie ou une prise de sang ou quelque chose. Tout le monde nous disait : ça va, ça va. Mais on se disait, si ça se trouve, ils n’ont pas vu, on n’était même pas rassuré par ce que les médecins disaient. On doutait en fait. Non mais ils n’ont pas vu quelque chose. C’était pas un agréable moment.

Oui, j’imagine, j’imagine vraiment. Donc c’est vrai qu’au niveau émotionnel, ces grossesses, elles ont été assez chargées en émotions.

Oui, c’était ça. Et la fatigue, surtout pour la deuxième, la fatigue d’être enceinte déjà, parce que j’étais très malade jusqu’à 6 mois de grossesse, j’avais des nausées, j’avais pas d’énergie. J’avais une énorme carence en fer et en Nouvelle-Zélande, les sages-femmes sont très réticentes à médicaliser, donc j’ai dû littéralement pleurer un jour dans le cabinet pour avoir quelque chose, des suppléments en fer, parce que j’y arrivais plus. Et j’avais le petit qui juste avait 2 ans et qui était plein d’énergie et moi, je voulais juste dormir et lui, il voulait bouger, enfin normal, il voulait bouger, sortir. C’était épuisant. Et mon mari était très souvent en déplacement donc j’étais seule avec le petit, enceinte, j’allais aux rendez-vous seule souvent. Parfois, je me disais que c’est même pas prudent que je conduise ma voiture dans cet état-là. J’étais tellement fatiguée.

Est-ce que je peux dire qu’il y a quand même eu, enfin que vous auriez eu besoin de soutien et que vous n’avez pas pu l’avoir ?

Oui, si ma famille avait été près, c’est sûr que là, ils auraient gardé le petit, il m’aurait laissé faire des siestes, C’est sûr, ça aurait été beaucoup plus simple. Après, je n’ai jamais ressenti ça parce que c’était notre choix aussi de partir si loin, sans avoir personne donc on assumait et on le faisait. Et on avait aussi des amis, donc si vraiment ça n’allait pas bien, quelquefois, on pouvait leur laissait. Mais oui, c’est sûr que si on avait eu la famille tout près, ça aurait été complètement différent. Rien que de savoir qu’il y a des gens tout près aussi… juste… de savoir qu’il y a des gens tout prêt, ça change la donne, on voit les choses un peu différemment.

Tout à fait !

Mes parents sont venus quand j’étais enceinte de sept mois, donc là, j’ai pu souffler un petit peu pendant un mois, ils se sont bien occupé du petit, c’était bien, cette léthargie un peu. Même des choses idiotes comme faire le ménage ou faire la cuisine, pendant un mois, c’était vraiment bien.

Ben ça soulage !

Oui, vraiment oui !

Est-ce qu’il y a quelque chose d’autre que… il y a la famille qui vous manquait, est-ce qu’il y a d’autres choses qui vous auraient manqué au cours de cette grossesse ?

Non pas vraiment, parce que dans le pays où on était, le système de santé est bon donc on n’a jamais eu d’inquiétudes par rapport à ne pas être pris en charge suffisamment, par rapport à ne pas avoir accès aux soins ou à quoi que ce soit, donc déjà il y avait… Non, c’était vraiment la présence de gens proches, juste pour se décharger des choses du quotidien.

Etre soutenue moralement en fait.

Je savais que j’étais soutenue moralement, juste, ils étaient très très loin.

Oui, voilà, c’est ça.

Une aide concrète.

J’aurais apprécié qu’il y ait des gens plus près pour concrètement préparer des repas ou venir m’aider à garder le petit ou venir m’aider à faire du ménage, des choses comme ça. Vraiment, des choses concrètes, c’est ça qui… Ou avoir des visites à l’hôpital.

Oui, c’était long votre hospitalisation…

Oui, c’était très long. Surtout au jour le jour, on ne savait pas en fait, on n’avait pas de date de fin. Maintenant, on sait, mais quand on était dedans, il n’y avait pas de date de fin, c’était ça. C’était tous les jours ça pouvait arriver, c’était…

Est-ce que vous avez envie de rajouter quelque chose ?

Oui, juste dire que c’était des moments très durs, mais en même temps, mais en même temps, maintenant, je suis fière de l’avoir fait, je me dis, on l’a vraiment fait, je l’ai vraiment fait seule avec mon mari, je l’ai vraiment fait à ma façon, parce que je suis sûre que si ma famille avait été plus proche ou si on avait été en France, on aurait eu un peu l’influence ou la pression de la famille de faire certaines choses ou pas, peut-être même de s’être plus inquiété d’avoir la famille qui rajoute les angoisses. Comme là, j’étais loin, c’est moi qui les contactais souvent donc en fait, je disais ce que… je filtrais un peu les choses, déjà pas pour faire paniquer la famille et aussi pour pas trop me faire paniquer moi-même. Et oui fière d’avoir fait ça seule à ma façon. D’avoir survécu et d’avoir deux enfants maintenant.

Je pense que vous pouvez être fière de vous parce que oui, c’était une période enfin des périodes difficiles et vous arrivez quand même à trouver du positif.

Il faut, mais c’est moi oui, je suis très positive, mais c’était aussi mon défaut quand ça se passait. Je bloquais vraiment… Mon mari est plus de l’autre côté donc il voyait tout ce qui pouvait se passer au pire et moi, je voyais tout ce qui pouvait se passer au mieux. Il y a des choses que je bloquais vraiment.

Ca vous aidait à tenir peut-être aussi ?

Oui, ben oui, complètement. Sinon oui, je ne sais pas… Ouais, c’était ma façon de tenir, de voir le bon côté, ce qui pouvait se terminer en mieux.

Et bien merci beaucoup Aline.

Merci.

Je vais vous dire à une prochaine fois pour un prochain témoignage. Au revoir.

Au revoir.

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