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« La violence est le dernier refuge de l’incompétence. »

Isaac Asimov

Quel choc cette citation que je vous partage aujourd’hui !! Je la trouve même assez violente finalement, tant elle semble sans appel.

 

Que vous évoque cette citation ? Vous vous sentez concerné·e ? Elle vous parle ?

Je me demande même si elle pourrait vous faire culpabiliser ? Pourquoi ? Je vais faire un petit aparté et parler de l’éducation positive ou bienveillante ou… le nom que vous voudrez lui donner (parce que parfois, c’est compliqué de ne pas dicotomiser les choses en bien ou mal, mais c’est encore un autre débat).

 

Etre dans ce type d’éducation, être contre les Violences Educatives Ordinaires (VEO), c’est essayer de comprendre ce que peut ressentir le bébé ou l’enfant quand il fait des « caprices », quand il ne fait pas ce que l’adulte attend de lui. C’est tenir compte des sentiments qui l’envahissent dans ces moments-là ainsi que du fait que son cerveau est encore immature, pour l’aider à traverser cette tempête émotionnelle. Ce n’est pas envoyer seul dans sa chambre un enfant de deux ans, en lui disant que ça le fera réfléchir à ses actes, ou donner une fessée à un autre, peu importe son âge d’ailleurs, pour lui dire qu’au moins, il saura pourquoi il pleure (si, si, c’est véridique). J’ai dit un petit aparté, donc je ne m’étale pas plus.

 

Si vous êtes dans ce type de démarche, peut-être (probablement même) avez-vous déjà craqué.

Donc, « je craque » = « je suis incompétent·e » ?

C’est là que je me dis que cette citation pourrait vous faire culpabiliser (et là, la boucle est bouclée).

 

Ressentez-vous de l’incompétence quand vous vous sentez poussé·e à bout par le comportement de votre enfant ?

C’est peut-être une situation que vous vivez de façon ponctuelle ou plus régulière : vous vous retrouvez face à un comportement de votre enfant et les choses ne bougent pas, chacun maintient sa position.  Ou bien, vous ne trouvez pas de solution pour calmer votre bébé qui pleure sans cesse depuis trop longtemps déjà (ce ne sont que quelques exemples).
A ce moment-là, peut survenir un sentiment d’impuissance, l’impression d’être désemparé·e, acculé·e, qu’il est impossible de changer les choses, que la situation va durer, s’éterniser et empirer.

Des sentiments qui semblent s’insinuer en vous, vous coller à la peau. Il semble impossible de s’en débarrasser, et plus la situation dure, plus la force de ces sentiments augmentent.

 

Et c’est là qu’arrive la violence.

C’est là que vous avez envie de hurler, de taper, peut-être même passez-vous à l’action, parce que c’est tellement fort, tellement impérieux que CA a besoin de sortir.

Comme l’impression de réveiller le dragon ou la sorcière qui sommeille en vous (non que j’ai quelque chose contre les dragons ou les sorcières).

 

Mais alors, dans ce cas précis, qu’est-ce que l’incompétence ?

L’incompétence serait donc l’impossibilité de savoir comment réagir face à une situation, face à un comportement de votre enfant, l’impossibilité de trouver la « clé » qui va vous permettre de sortir du conflit (parce que oui, souvent, vous pouvez avoir l’impression qu’il vous manque quelque chose pour remédier à la situation).

 

Mais est-ce réellement de l’incompétence de votre part, de l’incompétence parentale ?

Je n’en suis pas sûre. Au contraire. Je crois qu’en tant que parent, vous êtes sans cesse en train de vous remettre en question. Vous êtes sans cesse en train d’essayer de vous adapter. Vous êtes sans cesse en train d’acquérir de nouvelles compétences.

Et acquérir de nouvelles compétences ne se fait PAS en une seule fois, c’est un travail de longue haleine avec des victoires, mais aussi des pas en arrière, qui peuvent vous décourager.

 

Peut-être que pour Isaac Asimov, c’est de l’incompétence, mais ça ne remet pas en question tout ce que vous faites en tant que parent. Cela vient questionner les possibles réactions que vous pouvez avoir quand vous êtes sursollicité·e au quotidien. D’où viennent-elles ?

 

Comment se ressourcer ?

Entre l’aîné qui demande de l’attention en répétant en boucle la même question pendant que votre bébé pleure, que vous essayez d’allaiter ce dernier tout en vous demandant si vous allez enfin avoir le temps de prendre une douche/boire votre café (déjà froid depuis longtemps de toute façon), comment trouver un espace où vous pouvez-vous ressourcer ?

 

Et après ça, comment faire pour rester calme et prendre du recul face à une situation qui devient si inconfortable, que ce soit pour l’enfant ou pour vous ?

Je vois des adultes en questionnement, des adultes qui sont à bout et qui ne savent plus comment réagir alors qu’ils font leur possible au quotidien pour s’occuper de leurs enfants.

 

Alors surtout, si vous avez l’impression de mal faire, si vous avez envie de tout laisser tomber, si vous vous sentez incompétent·e, pensez à toutes les fois où vous avez pris sur vous et où vous vous êtes mis·e à la hauteur de votre enfant pour essayer de comprendre ce qu’il pouvait traverser.

Les fois où vous avez essayé de gérer ce qu’il vivait de façon très forte au niveau émotionnel et qui peut-être vous renvoyait à ce que vous avez vécu étant enfant, venant chatouillez là où vous étiez déjà blessé·e, là où ça faisait mal.

 

Pensez à tout ça et essayez de poser sur vous le même regard que celui que vous posez sur votre enfant lorsqu’il traverse une tempête émotionnelle. Quels sont les mots que vous utiliseriez, les gestes que vous feriez ?

Si je ne cautionne pas le fait de crier ou de taper un enfant, je crois malgré tout que vous êtes humains, et que vous ferez votre possible pour ne pas recommencer.

Essayez d’être doux avec vous-même et prenez soin de vous.

Et si on se rencontrait ?

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