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Un nouveau format !

 

Aujourd’hui, je vous propose un nouveau format pour mes articles : le format vidéo.

J’ai envie de vous laisser la parole pour que vous puissiez parler des grossesses que vous avez vécues à l’étranger. Un espace où vous pouvez partager ce que vous avez vécu, ce que vous avez ressenti. Montrer les peurs ou les difficultés, mais également les joies ou les forces que vous avez pu développer.

C’est Aurélie qui commence cette série. Aurélie est entrepreneure, elle est expatriée aux Etats-Unis depuis 4 ans. Elle a vécu une grossesse en France et une à l’étranger. Elle évoque ici ce qui l’a le plus surprise, les peurs qu’elle pouvait avoir, mais je n’en dis pas plus et je vous laisse découvrir la vidéo.

Si vous souhaitez à votre tour témoigner, contactez-moi, je serai très heureuse de pouvoir en discuter avec vous.

Bonjour, je suis Carine Flutte, je suis psychologue, aujourd’hui, je suis avec Aurélie. Aurélie, bonjour et merci d’être là. Je vais te laisser te présenter.

Bonjour Carine, je m’appelle Aurélie Houet-Tanis, j’ai 35 ans, je suis maman de deux enfants, un petit garçon qui a 5 ans, Noé, et une petite fille de 2 ans, Juliette. Nous habitons aux Etats-Unis, et puis à titre professionnel, je suis à mon compte, j’accompagne les entrepreneuses à être à l’aise face à la caméra et en public.

Super, merci.

Aurélie, est-ce que tu pourrais nous dire depuis combien de temps tu es expatriée et si c’est ta première expatriation les Etats-Unis ?

Ce n’est pas ma première expatriation, ça fait donc 4 ans qu’on est au Etats-Unis. Avec mon mari, quand on n’avait pas d’enfant, on a vécu une expatriation en Chine et une expatriation en Roumanie, mais c’était sur un temps bien plus court.

D’accord. Et donc du coup, tu dis que c’est quand tu n’avais pas d’enfant que tu faisais ces petites expatriations, tu as eu tes deux enfants aux Etats-Unis ou est-ce que tu as vécu une grossesse en France et une grossesse aux Etats-Unis ?

J’ai vécu une grossesse en France, pour mon fils, puisqu’il a 5 ans, et on est arrivé quand il avait un an. Donc j’ai vécu ensuite ma deuxième grossesse, pour ma fille, aux Etats-Unis.

C’est vrai que tu avais dit que ça faisait 4 ans que tu étais aux Etats-Unis.

Voilà.

D’accord, donc là, tu as vécu une grossesse aux Etats-Unis. Vivre une grossesse à l’étranger, c’est un petit peu peut-être un contexte un peu différent de quand on vit une grossesse en France parce que quand on est à l’étranger, on est loin de sa famille, loin de ses amis. Quand tu as su que tu étais enceinte, qu’est-ce que tu as ressenti ?

Qu’est-ce que j’ai ressenti ? Pas mal de choses. Premièrement, j’étais surprise puisque, c’était voulu bien sûr, on voulait un deuxième enfant, mais ça s’est fait de manière très rapide, je suis chanceuse, je sais, mais tellement rapide, que ça m’a surprise, je me suis dit « waouh, déjà ! « , je n’étais pas tout à fait prête. Donc, déjà surprise, mais aussi heureuse bien sûr. Et puis ensuite, un peu de stress parce que j’étais salariée à ce moment-là, et avoir un travail aux Etats-Unis c’est un peu différent d’avoir un travail en France puisque ici, on peut perdre quand même son emploi du jour au lendemain, si on n’a plus besoin de nous, on va nous dire bye-bye du jour au lendemain, donc j’imaginais qu’annoncer une grossesse, c’était pas vraiment en ma faveur, donc j’avais un peu peur. Et puis ensuite, un peu perdue, parce que je ne savais pas du tout comment ça se passait en fait aux Etats-Unis. Il faut vraiment que je me renseigne sur les assurances parce que je sais que ça peut coûter très très cher un accouchement aux Etats-Unis. Et puis ensuite, j’avais pas de gynéco, j’avais rien en fait, je ne connaissais pas du tout le fonctionnement ici aux Etats-Unis, j’avais pas pris le temps encore de me renseigner à ce moment-là parce que je pensais qu’on aurait quelques mois devant nous, ce qui n’a pas été le cas, donc voilà, un petit mélange de tout et bien sûr aussi voilà, très heureuse.

Oui et heureusement.

Oui, heureusement, heureusement, bien sûr.

Ca fait beaucoup de choses à gérer, finalement ça fait pas si longtemps que ça que tu étais arrivée aux Etats-Unis, tu es tombée enceinte rapidement, et il y avait plein de choses à découvrir au sujet du vécu de la grossesse aux Etats-Unis.

Ah oui, complètement, complètement. Moi ce qui m’a fait le plus peur, c’était voilà, le travail, comment ils allaient réagir et puis effectivement, toutes ces questions administratives et puis ensuite les rendez-vous aussi, comment ça se passe, est-ce que ça va être différent, est-ce que je vais comprendre, parce que mon anglais était bon à ce moment-là (…) mais je n’avais pas du tout le vocabulaire médical, le vocabulaire gynécologique, ouais ça, c’était euh… un peu pas très à l’aise avec tout ça au début.

Oui, donc en fait, ça a généré quand même un peu de stress.

Oui, mon mari est toujours là pour déstresser, relativiser, j’ai un super mari qui m’aide beaucoup.

Non mais c’est important d’avoir quelqu’un sur qui se reposer finalement et de pas vivre toute seule la grossesse comme ça et le stress.

Exactement, non, non mais on a besoin d’être entourée, ça c’est sûr, d’une manière ou d’une autre. Mon mari était déjà mon plus grand soutien sur place.

C’est super !

Aurélie, dis-moi, au niveau émotionnel, comment est-ce que c’était ? Est-ce que tu t’attendais à vivre des choses en particulier puisque tu avais déjà vécu une première grossesse ou est-ce que c’était complètement différent ?

Alors moi, je m’attendais à revivre la grossesse que j’avais vécue avec mon fils, qui s’est très bien passée pour le coup, mais en version américaine. Je me suis dit : « Je ne sais pas encore ce qu’est la version américaine ! »

Oui, voilà, j’allais te demander : « Mais qu’est-ce qu’une version américaine d’une grossesse ? »

C’est ça ! Donc la version américaine d’une grossesse ça va être, les rendez-vous déjà évidemment avec la gynéco, donc tout se passe évidemment en anglais, ce qui est logique, mais euh.. donc ce qui est plus compliqué, ça m’a vraiment fait améliorer mon vocabulaire au niveau médical, ça, c’est sûr. Ca, c’est vrai que ça a pas été toujours évident et je me souviendrais toujours de mon premier rendez-vous avec la gynéco. Je suis restée, je ne sais pas combien de temps avec elle, mais un certain temps. Je ne comprenais pas ce qu’elle voulait me dire, mais je voyais bien sur sa tête qu’il y avait quelque chose qui n’était pas positif, il y avait quelque chose qui se passait, mais je n’arrivais pas à comprendre quoi. Donc, à la fin de mon rendez-vous, je lui ai dit : « mais dites moi, dites-moi ce qui se passe, dites-moi s’il va bien, s’il ne va pas bien mais, dites-le moi ! Clairement ! « . Donc, là, elle m’explique : « C’est pas sûr qu’il grandisse encore, ça va peut-être s’arrêter. » Voilà ce qu’elle m’explique à la fin du rendez-vous. « Ok, merci, au-revoir. » Je pars, donc effectivement, émotionnellement déjà à ce moment-là, c’est un peu difficile, c’est pas forcément ce qu’on s’attend à vivre à ce moment-là. Heureusement, j’avais encore une fois le soutien de mon mari qui était très présent et aussi une amie française sur place qui avait déjà vécu une grossesse, aux Etats-Unis.

Oui d’accord.

Bien pour moi.

Après, la différence aussi avec la version française et la version américaine, c’est que la version américaine, c’est un business. Pour moi, c’était un business. C’est-à-dire que justement, j’ai pas senti ce soutien que j’ai pu avoir en France de la part du réseau médical.

D’accord.

Ici, enfin, d’ailleurs, c’est ce qu’elle m’a dit. Le dernier rendez-vous, ma gynéco m’a dit : « Thanks for your business ». Voilà ! Moi, j’avais envie de lui dire : « Pour moi, je ne l’ai pas du tout vécu comme un business. Oui, effectivement, vous avez gagné de l’argent grâce à moi, mais moi, j’ai donné la vie. » Voilà, c’était dingue. Donc ce côté-là, c’est vrai que je ne me suis pas sentie très soutenue de la part du milieu médical en fait.

Oui, ça manquait d’humanité quand même.

Ah oui… oui… oui… pour moi ça manquait d’humanité et puis après le jour de l’accouchement, on reste beaucoup moins de temps à l’hôpital qu’en France. En France, j’ai pu… heureusement, je dois dire que c’était ma seconde grossesse. Ma seconde grossesse, je savais à quoi m’attendre, même si c’était différent, mais je savais quand même, en gros, à quoi m’attendre, j’avais quand même moins de questions qu’à ma première grossesse, ça allait si je ne restais qu’une nuit et qu’une journée à l’hôpital. Finalement, j’étais aussi contente de rentrer, mais ça aurait été ma première grossesse, je serais rentrée à la maison, mettre en place l’allaitement, pas avoir forcément de soutien, autre que, encore une fois, mon mari, c’était un peu difficile. Mais euh, voilà donc euh, émotionnellement, j’ai envie de dire, c’était, c’était un peu, un peu différent, un peu plus, un peu plus difficile dû à la différence de culture bien sûr, mais en même temps, ça allait parce que c’était ma deuxième grossesse.

Oui, donc il y avait cette ressource en fait d’avoir vécu une première grossesse déjà, d’être un peu plus confiante parce que tu savais, même si chaque grossesse et chaque accouchement est différent et chaque enfant est différent, tu avais déjà confiance en toi d’avoir vécu une première fois les choses et en plus d’avoir le soutien de ton mari et de ton amie française qui avait déjà vécu une grossesse aux Etats-Unis. Du coup, ça t’a quand même beaucoup aidé à pouvoir disons, être un peu plus sereine peut-être.

Complètement, oui, heureusement que c’était ma deuxième grossesse.

Ok Aurélie. Est-ce que tu as envie de rajouter quelque chose par rapport à tout ça ?

Je pense qu’on a effectivement besoin de soutien pendant sa grossesse, ou après la grossesse, parce qu’il faut aussi penser à la partie accouchement, les premiers mois qui ne sont pas forcément évidents et moi, je pense tout de suite à l’allaitement qui a été une partie un peu difficile et donc, c’est important d’être soutenue. Je sais aussi que moi, l’une de mes peurs, c’était le jour de l’accouchement, qui est-ce qui va s’occuper de mon fils ?

Oui, c’est difficile de penser à ça quand on est loin de ses amis, de sa famille, en fait, souvent, euh… excuse-moi, je me mets à parler, mais souvent on se dit bon ben le premier enfant, on va le confier à la famille et là en fait c’est pas possible, la famille elle n’est pas là.

Exactement, donc je m’étais dit, si j’accouche dans la journée ça va, puisqu’il sera à l’école. Si j’accouche la nuit, à qui on va le confier ? On avait une amie, mais qui n’était pas à côté et vu qu’on habitait vers Los Angeles, les trajets sont relativement longs à chaque fois, donc on s’est dit : « Comment on fera ? ». Heureusement, j’ai eu le soutien cette fois-ci de ma sœur et de ma mère qui sont venues pendant le mois où je devais accoucher.

D’accord.

Elles étaient là au moment où j’ai accouché et heureusement parce que j’ai accouché le soir et donc j’étais pas là la nuit.

D’accord.

Donc mon mari a pu m’accompagner et lui il était entre de bonnes mains, il était avec ma sœur et ma mère. Je les remercie énormément d’avoir été là à ce moment-là parce que ça fait du bien en plus d’avoir sa famille près de soi dans des moments aussi importants.

Oui tout à fait.

C’est pas toujours possible quand on est à l’étranger.

Voilà, moi, ce que je veux dire c’est juste de savoir bien s’entourer, de savoir qu’il y a des moments qui peuvent être un petit peu plus difficiles, que ce soit pour la maman ou pour le papa, pendant la grossesse ou après la grossesse, il ne faut pas seulement s’appuyer sur nos recherches Google pour trouver nos réponses et c’est important de savoir trouver des amis ou de la famille proche, au moins des nouveaux amis ou s’entourer d’une professionnelle si on a besoin d’être guidée, d’être soutenue, éventuellement d’être conseillée, c’est important de savoir s’entourer en fait.

Je ne peux qu’être d’accord avec toi, évidemment. Mais je trouve que, en fait, tu as, tu as quand même une grande force parce que finalement, cette seconde grossesse, c’était quand même, enfin, il y a eu un choc culturel, il y a eu cet isolement, malgré tout, on peut dire que tu étais un petit peu isolée de par cette expatriation et tu as su trouver les ressources nécessaires pour t’appuyer sur ton entourage, donc ton mari, ton amie, faire venir ta mère et ta sœur, enfin, faire venir, je ne sais pas si tu les as faites venir, mais en tout cas elles étaient présentes. Tu as su avoir de la famille qui a pu t’aider à ce moment-là et pour une grossesse où tu étais un petit peu isolée à l’étranger, ben finalement, il y avait quand même des gens pour te soutenir, tu as eu, tu as su trouver de l’humanité en fait.

Oui… oui, oui, c’est vrai, enfin, j’ai… je ne sais pas si ça vient de moi qui va vers les autres et demander de l’aide aux autres ou si c’est aussi, les autres, qui m’ont proposé leur aide, et mon mari toujours près de moi pour m’aider si besoin, donc euh… et ma sœur et ma mère étaient les premières à se proposer à venir aussi à ce moment-là, ma mère a passé les premières semaines avec nous, voilà. Je les remercie énormément, j’en profite, pour leur aide pendant cette période-là.

Merci beaucoup Aurélie. Merci d’avoir partagé tout ça avec nous, moi j’ai été vraiment super contente de pouvoir échanger avec toi.

Moi aussi

Je vous souhaite à tous et à toutes une très bonne journée et je vous dis à bientôt.

Si vous souhaitez à votre tour témoigner, contactez-moi ici, je serai très heureuse de pouvoir en discuter avec vous.